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L'ÉGLISE DE GUARBECQUE

Dans sa séance du 1er avril 1909, la Commission Départementale des Monuments Historiques du Pas de Calais entend une communication préfectorale portant avis de classement, par arrêté de M. le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts en date du 15 mars dernier, de la vieille église de Guarbecque, dont le beau clocher roman est surmonté de la plus ancienne flèche de pierre qui subsiste dans la région.

Cette église a été bâtie de 1100 à 1180, dit Camille ENLART dans sa magistrale thèse sur les Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde. Outre son clocher, elle possède d'antiques chapiteaux décorés de palmettes d'acanthe et de dragons et deux curieux modillons historiés de sculptures naïves : Adam et Éve, tenant la pomme; le serpent enroulé sur un arbre, etc.

M. C. ENLART, à qui revient une large part dans la décision ministérielle, dit que " c'est un édifice unique dans le Nord de la France et l'un des clochers les plus beaux que nous ait légués la dernière période romane.


Bulletin de la C.D.M.H.



Messire HADEWIDE DE GARBEKA serait-il le fondateur de l'église?

C'était en l'an 1208; le clocher était alors dans tout l'éclat de sa splendeur. Messire Hadewide de GARBEKA était lui, seigneur du village. Son fils, Warin étant atteint d'une mortelle maladie fut guéri miraculeusement grâce à l'intercession de la Vierge Marie et de saint Bernard (le grand saint du XIIème siècle).

Ce fait est rapporté par MALBRANCQ, père jésuite, historien du XVIIème, dans son livre (De Morinis) - Histoire des Morins et de la Morinie.

On sait aussi que la chapelle du croisillon sud (à présent de la Vierge du Mont Carmel) était la propriété du seigneur (On peut encore y voir les restes des voussures de son portail).

On peut imaginer, qu'en remerciement pour cette faveur du ciel il voulut contribuer largement à l'embellissement de sa chapelle jugée trop modeste, et l'aurait remplacée par une autre, plus grande, plus haute et plus belle.

Cette chapelle porte d'ailleurs les marques des environs de 1200 selon M. HELIOT. Et pour harmoniser l'ensemble de l'église avec cette nouvelle chapelle, on aurait décidé de relever la nef, trop basse, ce qui nécessita le rehaussement du pignon ouest dans lequel on ouvrit deux belles fenêtres et que l'on décora d'une corniche. Celle-ci est en tout point identique à celle du pignon de la chapelle seigneuriale et placée exactement à la même hauteur ce qui tend à prouver que cette corniche se continuait tout au long de la nef pour aller rejoindre l'autre.

" Les caractères de l'architecture me paraissent indiquer une date plus ancienne d'environ un demi-siècle " écrit M. de BEUGNY D'HAGERUE. " Cependant, il n'est pas sans exemple que dans un village reculé où les progrès des arts ont dû arriver tardivement, on ait bâti avec des éléments anciens, plus longtemps qu'au milieu d'une grande cité ".


L'édifice est orienté plutôt vers nord-est (25° environ) et comprend une nef de trois travées, flanquée de deux collatéraux, une travée sous clocher central, resserrée entre deux chapelles inégales formant faux transept et un choeur d'une travée à chevet plat auquel on a ajouté une sacristie en forme d'abside à trois plans.

Principales dimensions hors d'oeuvre :

- longueur : 36 m sacristie comprise
- largeur au transept : 21 m
- hauteur des voûtes du choeur et du transept : 5 m et 7 m
- hauteur du clocher : 30 m

Vue sur l'extérieur

Le soubassement est en grès; les assises moyennes et supérieures sont fournies par des quartiers de calcaire tendre (craie tendre que l'on retrouve aux églises d'HAM-en-ARTOIS, LILLERS, HELFAUT). Cependant en plusieurs endroits : parties basses du choeur, chapelle nord et façade ouest, les murs offrent une structure toute différente : des blocs de grès de taille et de forme très variables y sont agglutinés par un abondant mortier. Ces parties datent du Xème ou du début de XIème siècle et seraient des vestiges d'une ancienne église. La sacristie et la tourelle d'escalier sont en brique.

Le clocher est un véritable joyau de l'Artois roman

Les travaux concernant son édification auraient commencé vers 1080 (selon M. FLIPPE, ancien curé de GUARBECQUE 1900-1922) et se seraient poursuivis au XIIème siècle.

Le premier étage comporte sur chacune de ses quatre faces une baie en plein cintre dans laquelle s'encadrent deux ouvertures jumelles dont les cintres reposent sur des colonnettes (suite au relèvement des combles, seules les baies des faces nord et est sont visibles de l'extérieur). Ce premier étage de la tour est daté de la première moitié du XIIème siècle. Une belle tresse formée de rinceaux d'acanthe le sépare du deuxième étage, celui des cloches, qui est très probablement de la fin du XIIème siècle. Il est remarquable par la richesse de ses sculptures. Ses baies sont doubles, ogivales et géminées. Leurs voussures décorées de zigzags (bâtons brisés), de billettes et de moulures portent sur d'élégantes colonnettes. Seule transformation connue à ce décor : les espèces de gros meneaux placés dans l'axe des baies ogivales ont remplacé, probablement au XVIIème siècle, trois petites colonnettes dont on peut encore apercevoir les restes tronqués.

La corniche d'arcades en tiers-point qui retombent sur des corbeaux sculptés est du même type que celle de la façade ouest et du croisillon sud.

Quatre clochetons robustes, ornés de pleins cintres aveugles maintiennent une flèche de pierre octogonale d'une douzaine de mètres (restaurée sur 6 m en 1910).

MM. Camille ENLART et Pierre HELIOT, savants archéologues du début du siècle, membres de la Commission des Monuments Historiques du Pas-de-Calais qui ont " étudié " l'église parmi tant d'autres (1) considéraient le clocher comme étant " le plus beau de Flandre et d'Artois " ou encore " le plus beau de ceux qu'on ait construits au nord de la Somme au XIIème siècle et qui nous soient parvenus ".

Après avoir utilisé les coupoles et les voûtes en berceau (demi-cylindriques), les architectes romans en sont venus à la voûte sur croisée d'ogives. A GUARBECQUE, les voûtes des trois chapelles (dont celle du choeur) et le dessous de la tour sont construites d'après ce principe qui permet de localiser les poussées (le poids des voûtes) sur les piliers.

Au carré du transept, deux arcs en tiers-point (dans lesquels on peut inscrire un triangle équilatéral) mettent en communication nef et choeur et ont pour mission de soutenir le clocher.

Les arcs latéraux qui ouvrent sur le transept sont doublés d'un large plein cintre (demi-cercle).

Cette association de l'ogive et du plein cintre vers 1080 (date du commencement des premiers travaux selon M. FLIPPE) classerait d'emblée le clocher guarbecquois parmi les tout premiers modèles de ce genre d'architecture, puisque les premières apparitions des ogives massives datent du dernier tiers du XIème siècle (2).

Les quatre piliers qui supportent les voûtes ci-dessus sont ornés de 18 chapiteaux engagés et de 8 consoles ou modillons formant ensemble un riche décor, sculpté à la fin du XIIème siècle (après 1160 selon M. Marc BOUXIN, Conservateur du musée Saint-Rémi de REIMS, auteur de plusieurs livres sur le sujet).

Les sculptures 1-2-3-24-25-26 (voir schéma) ont été restaurées entre les deux guerres mais sont en général la reproduction fidèle de celles qui les précédaient, sauf une seule d'entre elles (25), à notre connaissance, qui est maintenant dépourvue de sa signification symbolique originelle.

" Ces palmettes et ces oiseaux de Guarbecque font songer aux souvenirs que les croisés rapportèrent de leurs conquêtes dans le proche Orient " écrivait M. J. LESTOQUOY.

Les peintures murales situées de part et d'autre du grand arc furent découvertes en 1962, cachées sous un enduit protecteur et par les fausses voûtes en plâtre supprimées à cette date.

L'architecte en chef des Monuments Historiques pense, quant à lui, que ces peintures seraient des environs du XVème, voire plus vraisemblablement du XVIème siècle. Il s'agit du " Jugement dernier " et de " l'Enfer ".

D'autres peintures sont encore visibles, notamment au revers de la façade ouest où l'on peut voir des scènes de la Bible. Toutes les églises romanes (à l'exception de l'architecture cistercienne où règne l'austérité due à la nudité des murs à pierres apparentes) étaient couvertes d'un décor peint. Savoir lire était un privilège; en 1355, les statuts des peintres de Sienne (Italie) affirment encore que la peinture est un " art qui enseigne les vérités de la religion à ceux qui ne savent pas lire ".

Des restes de polychromie sont encore visibles en différents endroits de l'église. Cette peinture, en emprisonnant l'humidité des murs a accéléré un peu plus la détérioration des chapiteaux de la croisée.

L'autel du Sacré-Coeur, placé dans le croisillon nord (à gauche en entrant dans l'église) devint au XIXème siècle, l'autel de Saint-Roch (pour le remercier de son efficace intercession lors des épidémies de choléra de 1805, 1830 et 1843).
L'autel du Carmel, du XVIIème siècle, placé dans le croisillon sud (à droite en entrant dans l'église), est un mélange de style Louis XIII et baroque flamand.

Une confrérie en l'honneur de Notre Dame du Mont Carmel fut érigée dans la paroisse en l'an 1469 ou en 1609 (d'après une note de M. LAGNIEZ, ancien curé de Guarbecque 1812-1820). Elle fut de nouveau réérigée le 13 Juin 1804 " après une des plus cruelles persécutions ".

Les confessionnaux, du XVIIème siècle, sont en bois naturel. Celui, placé contre le mur nord de la nef latérale (à gauche en entrant) date de la fin du XVIème ou commencement du XVIIème et est digne de classement (3) selon M. ENLART qui le considérait comme un des plus anciens confessionnaux du nord de la France (Épigraphie du Pas-de-Calais).

Fabriquée également en chêne du Hainaut, la chaire est en bois verni et date du XVIIIème siècle.

Les fonts baptismaux, classés, sont datés de la première moitié du XIIème siècle. (Ils sont la pièce la plus ancienne du mobilier). Sculptés dans la pierre bleue de TOURNAI, ils ont subi les affres de la Révolution.

Durant celle-ci, l'église ne fut jamais vendue à des particuliers, mais ses quelques biens le furent. (4). Elle servit de lieu de réunion aux " patriotes "; dépavée, on y établit un atelier de salpêtre où ses murs étaient " lécivés " pour recueillir le " sel de pierre " qui servit à fabriquer la poudre noire.


Les deux cloches sont classées; la plus petite porte une inscription latine indiquant qu'elle a été fabriquée aux frais du chapitre* de la ville place forte d'Aire (sur la Lys) en l'année du Seigneur 1694.

L'autre, qui pèse 600 kg, porte l'inscription suivante, sous l'image du Christ, de la Vierge et de saint Nicolas, patron de l'église : " Haut et puissant seigneur, Messire Albert-François, comte de CARNIN, marquis de LILLERS, seigneur de GUARBECQUE, maréchal des camps et armées du roi d'ESPAGNE, capitaine commandant ses gardes Wallones. J. B. HERENGHUEL, curé de cette paroisse en 1758** . Les Gouvenot et Baudoin m'ont fait ".
Cette inscription est remarquable par les titres que prend le marquis de LILLERS.

Lorsque l'église fut rendue au culte (probablement à la Pentecôte de 1802, le Concordat ayant été promulgué le 8 Avril), sur trois cloches qui formaient une magnifique sonnerie, une seule avait été enlevée.

Au cours de sa longue histoire, l'édifice eut à subir des outrages et fut dévasté :
Ä En 1537-38 par les Français lors du siège de St-Venant (place forte).
Ä En 1566 par les " Gueux " iconoclastes.
Ä Dans la nuit du 9 au 10 Août 1917, une torpille allemande vint exploser contre le pignon sud du transept de l'église qui n'avait jamais ressenti une pareille et si violente commotion.
Ä Le 20 Juin 1944, un bombardement particulièrement meurtrier, puisqu'il fit vingt et une victimes autour de l'église, la toucha sévèrement.
Ä Le 3 août de la même année, un autre bombardement survint qui épargna l'édifice.

Les derniers grands travaux de restauration eurent lieu en 1961 et 1962 :
- Restauration de l'intérieur.
- Pose d'un nouveau plancher en chêne après démolition des fausses voûtes en plâtre qui avaient été mises en place sous M. DANEL (ancien curé de GUARBECQUE - 1873-1900)
- Restauration des toitures et chêneaux.

L'illumination de l'église fut réalisée en deux temps : Une première tranche de travaux permit de l'admirer " sous un autre éclairage " dès Noël 1969; une seconde tranche vint parfaire cette illumination l'année suivante.

A cette occasion, le journal l'Écho de la Lys écrivait dans ses pages : " Le Comité des Fêtes a pris là une excellente initiative. L'église de GUARBECQUE méritait cette mise en valeur pour laquelle les responsables ont reçu une lettre de félicitations de l'architecte régional des Monuments Historiques ".

La dernière intervention marquante eut lieu au sommet de la flèche du clocher, le Vendredi 22 Mars 1991.

La croix de fer datée de 1716 (gravure au burin : date sur une face, monogramme du Christ (IHS) sur l'autre face), et le vieux coq ayant perdu quelques pennes (dont la précédente installation remontait au 31 Décembre 1910, selon un document qu'il portait, ou au 20 janvier 1911, selon " Le Clocher de Garbecque " , voir ci-dessous) furent descendus à l'aide d'une grue.

Un autre coq, flambant neuf, en provenant des Ateliers de France, assure depuis la relève, après avoir reçu la bénédiction de M. l'Abbé LOXHAY, curé de la paroisse, en présence de M. Eugène MORIN, Maire de GUARBECQUE, et des habitants du village (Voir la vitrine contre le mur du collatéral sud).

Extrait du bulletin paroissial " Le clocher de Garbecque " mars 1911

" Au sommet de ma vieille flèche octogone, solidement et superbement restaurée, (c'est le clocher qui parle), on vient de replacer enfin, dans une épaisse lyre de fer garnie de cuivre, ma croix de fer de 1716 (...). Le vendredi matin, 20 Janvier dernier, mon vieux coq qui paraît tout rajeuni sous son nouveau plumage d'or, a été réintégré dans son poste aérien (...). (Ici c'est le coq qui parle): A Garbecque même on me connaît si bien incapable de faiblir ou de trahir comme une banale girouette qu'on m'a confié cette année la mission de transmettre aux générations futures la date de la restauration qui vient d'être faite et des auteurs de ce beau travail qui vous a rajeuni, ô mon beau et cher clocher!
Quand dans un siècle ou deux, on me descendra, on n'aura qu'à m'ouvrir le coeur et on y trouvera ces indications écrites ". On était plutôt optimiste à l'époque quant à la résistance du volatile à l'usure du temps.

Bernard MATTON

 

* Un petit document manuscrit daté du 9 Février 1695, récemment extrait des archives de la Collégiale d'Aire, indique que la petite cloche a été vendue à la paroisse de Guarbecque, ou plutôt à M. le Curé : " Mesfieurs ont authorisé le fecrétaire de donner de leur part à Monsieur le Curé du village de Garbecq, un acte par ou il apparoisfe que Nre (notre) chapitre luy a vendu la cloche qu'il a depuis peu de temps a son village ".
On sait qu'en 1703, ce même prêtre " fit construire les deux nefs latérales de l'église et donna à cet effet des sommes considérables ".

** 1758, année où le seigneur de GUARBECQUE, marquis de LILLERS fit don de la grosse cloche est aussi l'année du décès de sa nièce qui " se fit religieuse ". Soeur Charlotte Bonaventure de CARNIN de LILLERS, entrée au couvent alors qu'elle n'avait pas cinq ans, était la fille restée unique (ses deux frères aînés étant morts en bas âge) du marquis de LILLERS, mort en 1734 de blessures qu'il reçut à la bataille de PARME (Italie) où se trouvait son régiment parmi les troupes du roi.
La seigneurie de GUARBECQUE passa de ce fait, en 1734, au frère du précédent, Albert-François (le donateur de la cloche).
Ce don a-t-il été effectué en souvenir de la nièce adorée, orpheline de père dès l'âge de cinq ans (six mois après son entrée au couvent), morte en odeur de sainteté à l'âge de 28 ans des suites d'une longue et pénible maladie (selon un petit livre émanant de la soeur supérieure de son couvent)? On peut l'imaginer; d'autant qu'Albert-François, alors âgé de 61 ans, était toujours sans enfant. Malgré ses deux mariages " espagnols " en 1739 et 1761, il mourut à Barcelone, en 1776, sans postérité.

(1) En 1939, le département du Pas-de-Calais comptait 300 églises en majeure partie construites en pré-roman (avant la fin du Xème siècle), roman (XIème-XIIème siècle) ou gothique (XIIIème au XVème et plus).
En 1841, on en aurait dénombré facilitement le double.
(Les Églises du Moyen-Age dans le Pas-de-Calais par P. HELIOT)

M. Camille ENLART (1862-1927) dont on peut dire qu'il fouilla l'église de son oeil d'artiste, dans tous ses moindres coins et recoins, palpant presque chacune de ses pierres, devint un membre très influent du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts à Paris. Il contribua fortement au classement de l'église en 1909 parmi les monuments historiques. (Le clocher de Garbecque - 1909)

(2) " Il est intéressant de noter " écrit Thérèse CASTIEAU dans la " Grammaire des styles ou l'Art Roman " chez Flammarion, " que l'art roman n'a pas ignoré les procédés de construction de l'architecture gothique, qu'il s'agisse de l'ogive (...). Néanmoins, l'acquisition de ces techniques dans le dernier tiers du XIème siècle (...) ne portent pas atteinte à la densité du mur, ni au sens des volumes caractéristiques de l'art roman ".

(3) Sont classés parmi les monuments historiques :
- L'église - les fonts baptismaux
- Les deux cloches
- Les statuts de la Vierge, de sainte Marguerite
- Une inscription gravée sur la face est du contrefort de droite, au pignon sud du transept, relatant la paix d'Arras signée en 1435 entre le roi Charles VII et Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

(4) 31 Juillet 1793 : vente des deux plus petites cloches au profit de la commune.
24 Novembre 1793 (Quartidi de Frimaire An II):
Envoyé à la Convention Nationale 2 calices, 1 ciboire, 1 ostensoir, 1 reliquaire et
d'autres " bagatelles ". (deux burettes d'argent)
Archives Départementales - M. Oscar QUESTE

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Autres sources :
- Monographie rédigée par M. l'Abbé BALZA, complétée par M. Oscar QUESTE, conservée en mairie de GUARBECQUE.
- Documents sur l'église de GUARBECQUE
MM. Oscar QUESTE et Pierre HEUGHEBAERT
- Collection " Le Clocher de Garbecque "
M. Jacques BIZET

Merci à Danièle et Jean Louis DELGÉRIE pour avoir collaboré à la nouvelle présentation de cette notice.

 

LES CONSOLES ET CHAPITEAUX ROMANS AU CARRÉ DU TRANSEPT

 

1 Oiseaux affrontés becquetant une même grappe de raisins (ou fruit d'arum)
2 Rameau (ou arbre de la Science) autour duquel s'enroule une guirlande
3 Doux visage qui se fraye un passage à travers le feuillage (ou motif végétal en palmettes)
4 Motifs végétaux conventionnels
5 et 6 Feuillages variés conventionnels se terminant aux angles de la corbeille par des crosses ou crochets. Ces crochets préfigurent l'ornementation des futurs chapiteaux gothiques (voir les colonnes et chapiteaux engagés, en calcaire, dans la façade ouest et côté choeur).
7 Motifs végétaux conventionnels
8 Sirènes-oiseaux (chimères à corps d'oiseaux et à visages humains) affrontées au dessus d'une tête ahurie.
9 Oiseaux affrontés becquetant un fruit
10 Serpent tentateur (Démon) s'enroulant autour d'un rameau (ou arbre de la Science).Le serpent est le symbole du mensonge, de l'astuce, de l'envie ; c'était aussi l'emblème de la prudence, de l'éloquence, de la séduction: c'est sous la forme du serpent que le démon tenta la première femme
11 Adam et Éve tenant chacun d'une main le fruit défendu" la naïveté de cette composition est vraiment remarquable " nous dit M. de BEUGNY D'HAGERUE.
12 Grandes palmettes et fruits d'arum.
13 Motifs végétaux conventionnels.
14 Grandes palmettes et fruits d'arum.
15 Palmettes et crochets.
16 Homme, genoux au menton (ou atlante arc-bouté supportant le poids de la voûte, selon M. Marc BOUXIN, Conservateur du Musée Saint-Rémi de REIMS, auteur du livre : " Atelier de Sculpture romane de Saint-Rémi de REIMS "). " Nord Roman " y voit un acrobate
17 Sirène (" au jongleur est associée la sirène image de la luxure " selon " Nord Roman ". Il est permis d'y voir (en 16 et 17) Adam et Éve après la chute : Adam courbé et comme écrasé sous le poids de sa faute et à côté, la femme sous la forme d'un mauvais génie.M. Marc BOUXIN, auteur du livre : " Les chapiteaux romans de la salle capitulaire de l'abbaye Saint-Rémi de REIMS - 1976 ", ne semble pas de cet avis, car, dit-il, les Ecritures ne parlent pas de ces métamorphoses.
18 Motifs végétaux conventionnels
19 Palmettes et crochets (semblable aux motifs 5 et 6)
20 Sorte de félin dévorant une proie (un motif semblable est visible au portail ouest de l'église d'Aix-Noulette)
21 Motifs végétaux
22 Crosses
23 Palmettes et crochets spiralés, tête humaine sur un angle.
24 Oiseau qui allonge démesurément le cou pour becqueter un bourgeon
25 A l'origine, cette console représentait une grosse tête de monstre effrayant, un peu comme une tête de lion au museau écrasé. Le sculpteur l'avait assez fidèlement reproduite, mais son travail ne fut pas du goût de l'architecte d'alors et la tête de monstre céda la place à une tête de Christ nimbée.
26 Oiseaux affrontés becquetant un feuillage

" Il peut être possible de donner à ces sculptures étranges un sens mystique et profond, écrit M. de BEUGNY D'HAGERUE, mais je laisse l'iconographie poursuivre le cours de ses recherches, plutôt que de me livrer à des écarts d'imagination ".
Dans son livre " Le message des constructeurs de cathédrales ", Christian JACQ écrit ceci sur la symbolique des sculptures romanes : " Nous n'expliquerons jamais un symbole, car il ne fait pas partie du domaine de l'explicable, de l'analysable, du quantifiable (...)
Pour qui apprend à voir, les chapiteaux évoquent de multiples états d'âme, des qualités à acquérir, des travers à éviter, des pièges auxquels on peut échapper.
L'homme se construit par son regard, il communique avec autrui par le symbole dans des civilisations dépourvues de télévision et de radio ".
Selon M. Émile MALE : " l'artiste a donné libre cours à son imagination, il s'est aussi inspiré du déjà vu au cours de pèlerinages alors fréquents et de ces étoffes admirables ou coffrets d'ivoire qui parvenaient d'Orient et offraient à l' imagination des dessins incomparables. Ces magnifiques tissus que l'on voyait partout dans l'église, et jusque sur les épaules du prêtre à l'autel ne pouvaient manquer d'émouvoir l'imagination des artistes. Et il est bien vrai qu'un tissu qui servit à envelopper les reliques de la cathédrale de SENS (Yonne), représente des oiseaux fort proches de ceux que nous voyons à GUARBECQUE ". On sait par ailleurs qu'un des chanoines de la Collégiale Saint-Omer de LILLERS, Guillaume de MELUN, devint évêque de Sens au XIVème siècle.
Note de M.J. LESTOCQUOY

Pour de plus amples renseignements et visite de l'église, téléphoner au 03.21.25.82.67
Bernard MATTON

dernière mise à jour du
Mairie de Guarbecque